OUF MAFIA

OUF MAFIA
«Ouf Mafia» sur la bonne voix

Petit à petit, la «Ouf Mafia» fait son chemin. Deux mois après leur première scène lors du festival «Ascension vers le rap», le groupe muriautin fait son entrée en studio pour enregistrer un CD. huit titres en hommage à leur ami rappeur disparu pendant l'été 2000, Akim.

Né en septembre 2000 à la suite de la disparition d’Akim, décédé dans un accident de voiture, le groupe de rap Ouf Mafia travaille régulièrement à raison d’une répétition hebdomadaire au Centre des Arts. Au départ, les sept musiciens ont repris des textes écrits par Akim. Aujourd’hui, ils composent de nouvelles chansons et, grande nouveauté, viennent d’enregistrer un CD huit titres dans les studios du Mouv’Mantais.

C’est ainsi qu’avec le moral au beau fixe et le plein de confiance, Nono, Bourla, ADFA, Snart, Doudax, Melkus, Pouf Pouf et Baté entourés de Mansour et Sergent sont entrés en studio vendredi 12 juillet 2002 avec une pensée pour Akim.

Un des responsable a dit :«Travailler avec la Ouf Mafia permet de renforcer les liens entre deux villes dites rivales et peut-être de développer d’autres projets ensemble dans l’avenir».

Le studio qui peut accueillir tous styles de musique (blues, hip hop, reggae, variétés, etc...) est équipé en 24 pistes numériques mais il devrait passer en 48 pistes d’ici six mois.

«Équipe de barbares»

Les chanteurs ont réalisé un petit exploit de rapidité d’exécution pour poser leur voix et c’est allé de mieux en mieux au fil des enregistrements. Dans une ambiance à la fois détendue et sérieuse, les rappeurs n’ont pas rechigné à l’idée de répéter le même texte plusieurs fois d’affilée jusqu’à ce que le résultat satisfasse Doc Maboul. Pour les jeunes rappeurs, l’enregistrement est «un moyen de montrer une image positive de la ville».

«Aux Mureaux, il y a beaucoup de talents artistiques cachés», estiment-ils.

Pendant l’enregistrement des huit titres, la Ouf Mafia ont pris goût au séjour en studio : un vrai plaisir de faire ce que l’on aime tout en défendant des causes qui vous sont chères. La maquette réalisée à cinquante exemplaires est destinée à démarcher les maisons de production et les radios. Avec des textes dans lesquels ils évoquent leur quotidien, leur vision de consommateurs de musique, ils veulent fédérer les cultures, les quartiers, les couleurs et les souffrances. Leur but : faire de leurs différences une richesse.

«O.U.F.M.A.F.I.A», «Zone sensible», «Le bas monde», «Y en a donc assez», «Inspiration dédale», «A l'heure ou je te parle», «Femme dans la bonne», et «Pour tous nos frères» sont des titres que les amateurs de rap pourraient retrouver dans les bacs des meilleurs disquaires dès le mois de septembre. Après avoir passé une dizaine de jours en studio, le travail ne s’arrête pas là ; il leur faut maintenant assurer leur promotion et se faire connaître. Avec la motivation dont ils font tous preuve, nul doute qu’ils y parviendront et qu’ils remonteront sur scène pour laisser exploser leur énergie et leur dynamisme.

# Posté le mercredi 05 janvier 2005 09:52

Modifié le lundi 28 mars 2005 07:31

Seno

Seno
Originaire du 78, SENO immigre à Evreux où il monte un groupe avec son associé "Jo Killa", le groupe s'agrandi pour devenir "6KONIARAMIE", formé de 5 rappeurs la formation enchaine rapidement concerts et le maquettage d'un maxi. Tout en restant actif au sein du groupe SENO monte un projet d'album solo en 2000 et sort un titre intitulé "Le gardien de mon frère" avec 6KONIARAMIE sur la compilation "PIERREFITTE 2002".Ensuite il enregistre le titre "Mi Vida Loca" sur la compilation "WEST RIDER 2",puis "Le Pire reste à venir" sur la compilation "POLICE" sortie sur Menace Records .
Son authenticité irréprochable lui a permis de travailler avec les americains ESE GROUCH et CALI LIFE STYLE.
SENO propose une nouvelle vision du rap francais emprunte de noblesse et de vérité.

Information sur la sortie de l'album :
Sortie le 03 janvier 2005 l'album de SENO "Même Les Anges Pleurent" avec comme featuring 4.21, Driver, IPM (Lucien 16S), Contrefacon, Topaz, Ese Grouch, Dcog'z, Dogg Master, Myssa (Code 147 Escadron Black Red), Wase, Cali Life Style, Phaxion Phonik, buss-Click, Smeda, Lil Thug.

# Posté le mardi 28 décembre 2004 06:25

La Rumeur et Sniper: même combat?

La Rumeur et Sniper: même combat?
La Rumeur, Sniper
La Rumeur et Sniper: même combat?

Et si le gouvernement français avait les rappeurs dans le collimateur? Avant la polémique Sniper, La Rumeur était déjà au centre des débats... Non content d'avoir de gros problèmes de fond à régler en priorité, le ministère de l'Intérieur a en effet lancé des poursuites judiciaires à l'encontre du groupe de rap La Rumeur. Le procès se tiendra tout début 2004...

C'était en mai 2003, La Rumeur se voyait attaqué par ce ministère pour diffamation publique envers la Police Nationale. Cette accusation visait l'article paru dans La Rumeur - Le Magazine, un gratuit de 16 pages. Ecrit par Hamé et intitulé Insécurité sous la plume d'un barbare, cet article dénonçait les discriminations subies par les habitants des quartiers et les douteux agissements policiers dans ces mêmes quartiers.

Ces propos et ces articles, qui sont de la responsabilité (assumée jusqu'au bout d'ailleurs) de leur auteur, ont été perçus comme une "incitation à la haine et à la violence" par la direction de la radio Skyrock, qui a prévenu la maison de disque EMI en lui demandant de retirer ce magazine de la circulation. Après un échec auprès de EMI, la même direction prévient les autorités... Dès lors, la police détient un exemplaire et décide d'attaquer le groupe en justice. En attendant le procès de La Rumeur, vous pouvez adresser votre soutien en signant le "Texte d'appel" sur www.chez.com/larumeur.

# Posté le vendredi 19 novembre 2004 18:01

Interview la Rumeur

Interview la Rumeur
Abcdr : Je vous laisse vous présenter...

Mourad : Mourad de la Rumeur.

Hamé : Hamé, La Rumeur. Je présente les autres, Gerald compositeur, programmateur, DJ. Mehdi, qui n’est pas là, qui est aussi un des DJ du groupe. Ekoué et Philippe, rappeurs du groupe La Rumeur.

A : Pourquoi avoir choisi ce nom La Rumeur ?

H : Ce qui nous a séduit de prime abord, c’est l’aspect subversif, sans contours précis définissable. L’aspect un peu sous-marin, qui sort des sentiers battus et des schémas traditionnels, et qui se répand contre toute attente dans un domaine donné. Subversif et politisé.

A : Un petit historique du groupe ?

M : Le groupe existe depuis une dizaine d’années, discographiquement depuis 1995. On a sorti trois volets, trois maxis cinq titres. Le premier était Le Poison d’Avril, maxi d’Ekoué. Puis, le maxi d’Hamé, le Franc-tireur. Et après le maxi de Philippe et moi, donc le Bavar et le Paria. On a enchaîné avec un entre-volet, édité uniquement en vinyl, version collector. Deux ans et demi après, la sortie de l’album depuis le 16 Avril, l’Ombre sur la mesure, premier album de la Rumeur.

A : Quels ont été les grands points d’accroches musicaux, qui vous ont fait que vous ayez eu envie de commencer le rap ?

H : Nos symboles en matière de rap sont assez variés, mais ce sont avant tout les plus grandes et les plus belles définitions du rap hardcore, politisé, ayant à la fois une démarche artistique sans compromission. Les premiers à qui on pense c’est Public Enemy. Tous les artistes qui ont parlé uniquement des Etats-Unis dans un premier temps, avec ce refus de la condition qui est faite au ghetto, ce refus de l’Amérique ségrégationniste et de ses valeurs. En France, à la naissance du rap français, les incontournables qui à l’époque étaient pour nous des valeurs sures, qui pouvaient être nos représentants. Aujourd’hui, à ce niveau là c’est le jour et la nuit. On peut plus dire ça d’eux. Les NTM, IAM, Amer à l’époque de leur premier album. En dehors du rap, il existe d’autres artistes dont on apprécie la démarche et la musique. Tracy Chapman, LKJ, Gil Scott Heron, Bob Marley, Peter Tosh possèdent une authenticité et une expression artistique d’une certaine résistance et d’un certain combat. Même dans la chanson française des gens comme Jacques Brel ou Renaud.

A : On utilise très souvent des pseudos dans le rap, vous préférez de votre coté mettre en avant vos prénoms, pourquoi ?

H : On est pas trop du genre à s’enticher de pseudos, d’alias. On a donné un nom ou un titre correspondant à chaque personnalité du groupe à travers les volets. Quand je m’adresse à Ekoué je l’appelle pas le Poison. Enfin on accorde peu d’importance à ces alias.

A : Philippe, pourquoi le bavar sans d ?

Philippe : C’était avant tout la manière phonétique qui importait, pas l’orthographe. Le Bavar c’est plutôt une étiquette qui te permet de t’affirmer en tant que Mc, lorsque tu fais des scènes. C’est plus le coté égotrip du Mc. Quand tu te retrouves entre amis, t’oublies tout ça, on t’appelle par ton prénom comme tout le monde.

A : Sur les trois volets précédant l’album vous cachiez vos visages avec un disque vinyl, c’était par volonté de ne pas vous exposer, de ne pas donner de visage à la Rumeur ?

M : On cachait nos visages parce qu’on voulait mettre plus en avant la musique, que les personnalités et le physique.

H : A une époque où le marché du vinyl était en déclin flagrant, et on connaît l’importance du vinyl dans l’histoire du rap, c’était aussi revendiquer le vinyl comme la première source matérielle et technique du rap. Tout part de là, tout part des platines. C’était aussi un petit clin d’œil par rapport à ça. On se construit par rapport aux bases historiques de cette musique.

A : Quel bilan faites-vous des trois premiers volets ?

Ekoué : Le bilan est évidemment au-delà de nos espérances. Un peu plus de 40 000 ventes, beaucoup de sollicitations, avec une promotion au sens marketing du terme, quasi-nulle. Ces maxis ont reçu un accueil extrêmement favorable. Le bilan qu’on peut tirer, c’était un rendu artistiquement à la hauteur de nos moyens, avec quelque chose de brut, un coté pas fini, qui donnait son charme aux titres.

A : Le troisième volet datait de 1999, soit trois ans, avec entre temps juste un maxi deux titres (l’entre-volet), pourquoi un si long silence ?

H : C’était un silence voulu, pas un silence subi. On arrivait à une période charnière de l’itinéraire de la Rumeur. C’était une période de transition, une période où il fallait qu’on se repositionne, qu’on réajuste nos fusils, parce qu’on entamait un autre morceau de notre histoire, une nouvelle page. Il fallait se remettre en question, tirer le bilan. On est passé de la réalité d’un indépendant à la réalité d’une major, avec en point de mire la réalisation de l’album. Un très grand chapitre donc, avec logiquement beaucoup de préparations. On s’est enfermé dans nos ateliers, tels des petits artisans afin de construire cet album. 2 ans et demi, trois ans après le dernier volet c’était un minimum.

A : Depuis quelques temps les structures indépendantes prennent du poids, on le voit notamment avec 45 Scientific, pourquoi avoir choisi de sortir l’album sur une major ?

E : On a connu la réalité de l’indépendant de 1996 à 1999, et on est très bien placé pour en connaître ses avantages et ses limites. On considère aussi que la première des indépendances se situe au niveau de la démarche. A la façon où tu veux emmener ton produit, et ce que tu es prêt à faire et surtout à ne pas faire. Après que ce soit sur une major ou un indépendant, la forme contractuelle n’a pas grand chose à voir. A l’exception de 45 Scientific, d’ailleurs un clin d’œil à eux, ils font du bon boulot, pas mal d’autres indépendants dont on ne citera pas le nom, ont prôné cette indépendance par dépit avec des produits pas à la hauteur de leurs attentes et sont allés courtiser les majors. Ils se sont mangés des râteaux, et aujourd’hui brandissent l’indépendance comme une espèce de gage de qualité incontestable, de bannière d’authenticité. C’est complètement faux. Aujourd’hui le rap est infesté par de la merde à la fois dans l’underground et dans les majors.

A : Tu parles de IV my People en particulier ?

E : Nan, absolument pas. Je ne parle pas de ces groupes comme NTM ou Ministère Amer qui ont eu cette volonté d’amener de nouveaux artistes sur le marché. Je parle de toute cette nouvelle garde, courtisant les majors, et qui se retrouve en autoproduction par dépit, plus que par conviction. On a fait nous, à l’époque, de l’autoproduction parce qu’on considérait que pour un groupe comme le notre, avec les paroles qu’on avait et la connaissance qu’on avait du business, c’était et de loin le plus approprié. Maintenant, on a évolué, mûri, grandi. On a eu des propositions de majors avant la trilogie et donc forcément après, et on a su avec calme avec pondération, choisir ce qui allait le plus dans le sens de nos intérêts.

# Posté le vendredi 19 novembre 2004 17:56

Dangereux 2001

Dangereux 2001
L'SKADRILLE
Dangereux 2001
Label : Première Classe
Prod : L'Agence, Sean
Sortie : /09/2001

Après ''Mack.01'' sur C2laballe, de nombreux freestyles sur mixtape (Opération Coup 2 Poing, MizeRecord), des featurings (Kohndo, Pit Baccardi), des compilations (Plaidoiries, Original Bombattak, Les Militants) et un maxi trois titres ''Ca part de la naissance''... il était temps pour le duo l'Skadrille de concrétiser tout ce travail de fond. A l'instar de Diam's, 13or et 16ar sont de cette troisième génération de rappeurs qui ont pris tout le temps de mûrir et qui arrivent chargés d'un backgound sonore conséquent.

Shean du Royal Squad et l'Agence (''en 2/2'' de Sadik Asken/X-Men) se sont chargés de la majorité des productions à l'exception de ''Tueurs nés II'' de Djimi Finger. Cette suite du morceau de Première Classe 2 est sans intérêt et ne fait que paraphraser ''Protagonistes'' au ton plus grave et aux propos plus recherchés. Deuxième et dernier morceau très discutable, ''Mon rap'' est le single calibré à tendance bounce et racailleux qui a tout pour tourner en radio. Le public amateur d'histoires de braquage, fusils à pompe et Subaru sera aux anges. Dommage, l'idée d'identifier le rap à un lascar n'est pas l'idée la plus brillante du disque... L'Skadrille nous avait habitué à mieux et ''Dangereux 2001'' dévoile ses petites perles après plusieurs écoutes attentives.

Le flow mâché que beaucoup identifieront à l'ancien flow de Booba est toujours présent tout comme les rimes à assonances. Ils ont ajouté à celà une diction parfois découpée et des accélérations souples de débit qui montrent de bons talents de MC. 13or et 16ar sont complémentaires dans les thèmes abordés et l'orientation de l'écriture des morceaux. Les textes crues au raz du bitume déteignent sur tous les thèmes abordés, ce qui à terme peut lasser les moins concernés. Omniprésents, les clichés visuels de rue se révèlent vraiment convaincants sur ''J'viens d'là où'' où le ton monte progressivement jusqu'à ce que les mots soient crachés au micro. Et à l'instar de ''Rage et haine'', l'urgence de la situation des quartiers semble chercher un écho à travers le disque.

Les rimes croisées ne font pas tout pour faire un duo solide et un morceau comme ''Mes repères'', dans lequel 13or se met dans la peau de sa mère et 13ar dans celle de son père, atteste d'une parfaite entente microphonique. Cet excellent morceau est diminué par un hook plus que faible (''lala, lalalalalalalalala la laaaaa'') qui ne masque pas un récit sordide sur la venue en France de leurs parents. Certains y verront à raison, l'un des textes les plus intimistes du rap Français. ''80, seule je traine mes bagages / Après l'échec de mon marriage / J'ai que la rage pour seul adage / Et le CFA pour seul barrage'' (13or) Autre titre marquant, ''La boussole'' qui dénonce le système scolaire qui a plus tendance à indiquer le sud et ses culs de sac. Le discours clamé est loin d'appeler au pessimisme cependant, à chacun de savoir où il veut arriver.

''On donne des rimes sponsorisées par la haine !'' (13 et 16) La rage et l'énergie déployées sont impressionnantes et les textes bien construits. Loin, très loin de l'étiquette Première Classe, ''Dangereux 2001'' est aux antipodes du son trop poli de PC2 contrairement à leur précédent maxi. Seulement, le thème récurrent de quartier est trop redondant et si sur un format court il se fait déjà trop sentir, on ne peut que guetter au tournant ce que sera l'après ''Dangereux 2001''.

# Posté le vendredi 19 novembre 2004 17:55